Être correspondant en Italie : « Pour comprendre l’actualité française, il faut pouvoir comparer l’actualité étrangère »

Après le continent américain, retour en Europe où je me suis penchée sur le métier de correspondant en Italie. J’ai trouvé intéressant de regarder l’actualité italienne et d’imaginer le travail qu’un correspondant étranger produirait pour faire (re) découvrir l’Italie au fil de ses événements.

Ce pays à l’histoire et à la culture millénaire (souvent proche de la France) mérite qu’on aille y travailler et vivre en se mêlant à sa multitude de communautés.

Pour ma part, j’aimerai bien devenir correspondante en Italie car je trouve passionnant de raconter et décrypter l’actualité d’un pays aussi semblable à la France bien que les deux aient des dissemblances. Je trouve cela formidable de faire découvrir un pays à travers son propre regard tout en essayant d’intéresser ses concitoyens à des choses qu’on ne voit pas ailleurs.

Pour en savoir plus sur le poste de correspondant au pays de Dante, j’ai posé quelques questions à Alban Mikoczy, actuel correspondant en Italie pour France 2 (et ex-correspondant en Russie pour la même chaîne).

3 Questions à Alban Mikoczy

Elisa Humann : En quoi consistent les missions d’un correspondant en Italie ?

Alban Mikoczy : Les journées sont partagées entre le temps de travail au bureau et les reportages. En général, je lis la presse italienne jusqu’à 8h puis je fais une mise au point sur les tournages en cours avec les collègues de la rédaction restés à Paris. Je pars ensuite en tournage ou alors je fais le montage d’un reportage tourné la veille. Par exemple aujourd’hui, je monte un sujet pour le Soir 3.

Il y a également une veille quotidienne des questions d’actualité dans le groupe de pays où vous êtes 24 heures sur 24 ainsi que la réalisation d’un certain nombre de reportages (au total environ 1h d’information et 30 sujets traités par mois) pour France 2, France 3 ou encore Télématin.


Conseil : prenez toujours de l’avance avant d’être débordé.


Quelles différences voyez-vous entre les manières de travailler en France et en Italie ?

La grande différence est que, dans les pays étrangers, vous n’êtes pas prioritaires sur les reportages quand vous appelez des administrations. Il faut aller directement à la source. Il faut tenter d’intéresser les gens pour faire passer le message et être à l’écoute de la société.
Il faut avoir un regard multiple.

Pensez-vous que le poste de correspondant à l’étranger a un avenir ?

Je pense qu’il faudra toujours des journalistes français à l’étranger. Parce que pour comprendre l’actu française, il faut pouvoir comparer à l’étranger. La présence de journalistes français a de l’avenir. A terme, l’avenir est plus à des jeunes capables de faire tout et qui vendent leurs sujets. Le regard d’une seconde personne est utile pour construire un bon reportage.