Gwendoline Debono, reporter de guerre sur Europe 1 : « Il faut multiplier les sources en se laissant la possibilité d’être surpris »

Après avoir travaillé au service étranger d’RTL, Gwendoline Debono officie désormais sur Europe 1 où ses reportages en Syrie ont été primés lors des éditions 2017 et 2018 du Prix Bayeux.

Sur le terrain depuis une dizaine d’années, elle donne son regard sur l’évolution de la profession de reporter de guerre.

Elisa Humann : Qu’est-ce qu’être correspondant/reporter de guerre pour vous en 2020 ?

Gwendoline Debono : C’est se concentrer sur tous les aspects d’un conflit. C’est un danger de s’intéresser qu’aux civils, il faut aller voir les combattants, même si le cœur du métier est là. En 2020, la base sera la même : humilité, rigueur, honnêteté.

Quelles évolutions avez-vous remarquées ?

Même si je suis sur une période récente, il y a une évolution sur les zones de conflits où il y a moins de choses, de longues marches à pied par exemple. Il y a des difficultés d’accès et de communication, moins de contraintes physiques.

J’ai la chance que la rédaction me laisse partir mais moins de couverture dans la presse francophone. Ils ont plus tendance à envoyer sur une histoire et pas régulièrement, sur la longueur, couverture.

A l’heure des réseaux sociaux et de l’hyperinformation, comment exercez-vous votre métier ?

Je m’en sers beaucoup, c’est une véritable aide. Il y a plein de choses intéressantes. On peut voir quelque chose en train de se passer à l’autre bout du pays, chose que ne peut pas faire le fixeur. Je pense qu’il y a moins d’erreurs. Les réseaux sociaux permettent d’avoir un œil assez aiguisé, il y a moins d’erreurs factuelles.